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Arcep : Sébastien Soriano milite pour "être à l'heure de la 5G"


Technologie : Le président du gendarme des télécoms fait campagne pour qu'autorités et entreprises se mettent à l'heure de la 5G afin que la France "puisse faire respecter son rang en ayant les infrastructures qui le permettent".

"C'est maintenant qu'il faut répondre aux opérateurs pour garantir un déploiement rapide et serein de la 5G sur le territoire". Interrogé sur BFM Business, le président de l'Arcep Sébastien Soriano a voulu alerter autorités et entreprises sur l'urgence à mettre en place une stratégie concertée de déploiement du nouveau protocole dans l'hexagone.

 

"Notre priorité, c'est que la France soit compétitive au niveau de ses infrastructure et le rythme auquel la France va être présente sur la 5G va être particulièrement important pour que l'on fasse partie des acteurs pionniers sur la 5G", a fait savoir le président du gendarme des télécoms, qui souhaite avant tout éviter de renouveler l'expérience malheureuse du déploiement de la 4G, sur lequel la France avait subi un retard pénalisant.

"Ce qui est essentiel c'est que la France ne rate pas cette révolution technologique, puisque cela fait un moment déjà que l'on rattrape notre retard sur le déploiement de la 4G, notamment dans les zones rurales", a-t-il en effet indiqué, alors que l'appel d'offres pour l'octroi des fréquences 5G sera lancé sous le patronage de l'Arcep à l'automne avant un déploiement prévu en 2020.

Alors que le déploiement de la 5G par certains constructeurs chinois, au premier rang desquels Huawei et ZTE, fait débat, la tête de file de l'Autorité s'est voulue rassurante sur la situation de la France à cet égard. "Il y'a une indépendance technologique en France plus forte qui nous permet de voir les choses de manière plus relaxée", a-t-il déclaré, tout en soulignant "l'importance" de "donner de la stabilité aux acteurs, car si on donne l'indication maintenant aux opérateurs sur ce qu'ils doivent faire, on ne prendra pas de retards" sur le déploiement des infrastructures propices au développement de la 5G sur le territoire.

L'Arcep ne voit toujours pas de bien-fondé à une consolidation du secteur

Stabilité et fermeté, un leitmotiv que Sébastien Soriano a également appliqué au fonctionnement du marché des télécoms français, rejetant en bloc le bien-fondé d'une consolidation du secteur et un passage de quatre opérateurs à trois. "Les opérateurs ne vont pas si mal, ce sont des entreprises qui sont rentables et investissent beaucoup. La situation s'améliore et on n'est pas obligé de passer tout notre temps à se demander s'il y'a un opérateur de trop", a-t-il indiqué.

Réitérant des positions déjà exprimées par le passé, le dirigeant de l'Autorité a indiqué ne pas voir "de nécessité" à une consolidation, faisant savoir au passage que "si cette situation se présente on imposera un certain nombre de conditions avec l'Autorité de la concurrence, mais la logique ce n'est pas de faire que le plus grand des acteurs devienne encore plus fort, ce n'est pas le sens de l'histoire". Un avertissement qui devrait être inutile, le PDG d'Orange Stéphane Richard, pourtant favorable à une consolidation, ayant déjà fait savoir en janvier que ce ne sera pas "Orange qui tirera le premier coup de fusil" en se rapprochant de l'un de ses concurrents.

Enfin, tandis que certaines pratiques des GAFA font l'objet de mesures de la part des gendarmes européens, notamment en France, le dirigeant de l'Arcep a alerté sur le risques que font peser les géants du numérique sur la société dans son ensemble. "Aujourd'hui nous avons des acteurs systémiques au plan démocratique et économique, c'est tout le problème", a-t-il averti, déclarant que "quand Facebook calibre d'une certaine manière son algoritme c'est la démocratie qui tousse. Quand Google modifie ses interfaces de programmation, c'est tout un écosystème qui flanche".

Pour faire face à ce nouveau défi, il a pressé les autorités de prendre des mesures pour "tirer la sonnette d'alarme et faire des propositions de régulations pour que les over the top ne deviennent pas les over the cop". Rappelons que Google est d'ores et déjà dans le collimateur des autorités françaises, et notamment de la CNIL, qui l'a dernièrement condamné à une amende de 50 millions d'euros pour "manque de transparence, information insatisfaisante et absence de consentement valable pour personnalisation de la publicité". Une amende pour laquelle la firme de Mountain View a d'ores et déjà fait appel.

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4 réponses
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  • ces administratifs français sont "indécrotables", ils n'ont jamais travaillé en entreprises et ne connaissent rien des règles de base technico-économique de déploiement des réseaux, à la logique du marché, mais imposent leurs lois administratives aux entreprises, aux clients qui doivent prendre le service fourni, à la filière à qui ils imposent leur mode de gouvernance..

    S'il y a (avait) utilité d'une autorité de régulation en complément (redondance) d'une instance de la concurrence, c'est pour créer les conditions de réussite maximales du secteur, dans l'intérêt des clients et des contribuables, et non d'imposer de façon unilatérale et monarchique des règles arbitraires et contreproductives.

    car le constat est très sévère : là où aux US et suite à la mise en place d'une vraie concurrence, il n'y a plus que 10 opérateurs (et performants lié aux économies d'échelle) et création de géants qui peuvent racheter n’importe quel opérateur européen, on a 4 opérateurs sur notre micro territoire français (en comparaison), 159 en europe, et ce sont les mêmes qui créé cette situation qui viennent se plaindre que ces géants tondent la laine sur les dos des opérateurs en captant la valeur ajoutée, et donc diminuent nos recettes fiscales…
    Donc la solution à la française est de les taxer, ils ne savent faire que ça, taxer, imposer, produire des règles à l’infini et donc recruter pour brasser du vent produit par cette prolifération de textes inutiles…On est en France, le pays de la dépense maximale pour les résultats les pires…

    Quand à l’accélération du déploiement de la 5G, sans doute le régulateur veut profiter d’une solution pour amener le THD à la campagne et gommer son échec étant donné les énormes retards du déploiement du tout FTTH qu’il a imposé, solution la plus couteuse et la plus lente à déployer : des armoires VDSL coutent 5 à 10 fois moins cher et couvrent tous les clients de suite à la création de chaque armoire (utilisation des 2 derniers km pour avoir de 50 à 100M) là où en FTH, il faut tirer fibre par fibres, replanter des poteaux. Si cette solution avait été mise en place, on aurait déjà du THD partout et avec 25 milliards d’économies de dépenses publiques, merci au régulateur…(et élus qui poussent dans le même sens, allez donc savoir pourquoi ils aiment tant les gros appels d’offre plutôt que laisser les opérateurs déployer sur fonds propres via solution moins beaucoup chére… !! no comment ! on est là aussi en France. !.).

    Sauf que la 5G demande beaucoup plus d’antennes que la 4G étant donné les très hautes fréquences utilisée, donc c’est pas demain que la couverture sera effective..
  • 
  • Il faudrait déjà que le régulateur fasse respecter les engagements de couverture des opérateurs mobile en 2G, 4G…mais difficile de taper sur le dos de celui qui est protégé, donc le déficit en couverture persiste de façon très critique…démission dans l’application des engagements !

    Quand à la logique économique du régulateur, il faut que les opérateurs commencent par payer des milliards pour avoir des fréquences, des milliards pour déployer les réseaux, payer aussi la taxe sur la production (impôts supplémentaire français, taxe sur l’outil de production avant d’avoir fait un euro de CA.. !), payer l’impôt forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER), les redevances de plus en plus élevées de surfaces sur les bâtiments pour les antennes (baux)…etc… et tout ça avant d’avoir réalisé un euro de chiffre d’affaires…

    Est-ce que la solution pour un déploiement rapide de la 5G (hors aspects techniques et marchés) ne serait pas déjà dans une logique économique favorable de taxation que sur les revenus, ce qui permettrait d’améliorer les conditions de rentabilité, permettrait d’être beaucoup plus exigeant sur la rapidité de couverture, et d’avoir des tarifs plus bas ?

    Certes mais comme c’est Bercy qui gouverne et que ça fait des décennies que l’hémorragie de la dépense publique continue, c’est taxation pompier à tout va pour éviter de trop gros déficits…
    On est là aussi en France…le bons sens, la saine gestion sont inconnus de monde politico-administratif, c’est Francetax.

    Et on paye très cher ces commissions théodule qui s’occupent comme elles peuvent pour justifier leur existence (1600 recensées par le cour des comptes), qui provoquent la dépense maximale pour les résultats les plus mauvais ; ceux qui prennent le sujet par le bon bout sont largement devant, c’est à dire en partant du service (débit, couverture..) et en laissant les opérateurs faire le choix de la meilleure technique et donc en créant les conditions de réussite pour les meilleurs choix économiques au lieu de vouloir faire à la place des autres et d'imposer des solutions contreproductives, des technologies,..
    imposer du lourd inadapté plutôt que faire simple et efficace au service de la filière et des clients, cherchez l’erreur !
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  • "Il y'a une indépendance technologique en France plus forte qui nous permet de voir les choses de manière plus relaxée" :
    Il faudrait que le responsable de l'ARCEP nous explique cela ...Que je sache en Europe, il ne reste plus qu'Ericcson et Nokia qui ont la faculté de développer la 5G ...En France, aucune entreprise n'est à même de développer la technologie de ce réseau ( Alcatel a été absorbé par Nokia et la technologie conservé dans les équipements 4G et 5G sont et seront purement finlandais).

    " mais la logique ce n'est pas de faire que le plus grand des acteurs devienne encore plus fort, ce n'est pas le sens de l'histoire" :
    Toujours la logique de l'UE défendue par notre ARCEP chérie...Il faut que la concurrence soit forte pour que les prix soient bas . Soit ! Mais peut-on se satisfaire qu'Orange, le plus gros opérateur français soit un nain mondial derrière tous les opérateurs américains, chinois, japonais, allemand et espagnol !! Derrière un opérateur, il n'y a pas que des consommateurs qui veulent le prix le plus bas, il y a des salariés, des sous traitants, de la R et D ... Et plus l'opérateur national est gros, mieux c'est pour tous !
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  • Il a bien raison de se faire du souci vu la légèreté de certains opérateurs comme Orange concentrés sur leurs fêtes et leurs profits
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